The day I killed Elvis (2020)

EVN SammlungStiegenhaus 2020
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Cette œuvre est le fruit du désir de créer une représentation démultipliée du  réel infiniment répété sans que jamais aucune figure ne perde son identité,  chaque motif étant ici à la fois macro ou (et) micro, un univers en soi et un  autre univers… S’approprier les nouvelles dimensions du monde : un monde qui a perdu son centre, un monde qui se réplique, se clone, se démultiplie,  se décompose et recompose sans cesse…en m appuyant sur le systheme des fractales , on passe de la forme géométrique, á la forme figuratif , á l image  d une broderie de grand-mère au tissu ou aux coiffures africaines  

Et puis il y a dans le principe de répétition et de recouvrement, l’idée  d’insistance et d’épuisement: – La machine est en marche ,toujours en  mouvement pour sans cesse stimuler la pensée « Je ne vais pas te le répéter 100 fois ! »… Une forme de pénitence, de psalmodie… Accumuler c’est aussi contaminer, étouffer… L’oeil du regardeur, piégé par une invasive  obsession… 

La répétition ne change rien dans l’objet qui se répète, mais elle change  quelque chose dans l’esprit qui la contemple. 

Emprunter à Andy Warhol (qui emprunta et répéta lui-même un grand  nombre d’images) la posture agressive de son Elvis (1963) , Peter M, Mayer me photographie á son tour ., je vais á mon tour m approprier manipuler  transformer pour récupérer une histoire volée. 

C est probablement une facon de souligner que l’exploitation commerciale  qui a été faite de la musique noire a davantage intégrée certains signes noirs plus que les Noirs eux-mêmes. 

Elvis Presley participa à cette exploitation commerciale qui a été faite (et qui continue d’être faite) de la blackness par les industries culturelles et a peu  profité aux noirs mais bien plus aux blancs qui ont performé certains traits  considérés comme caractéristiques de l’identité noire et ont contribué à «  dé-racialiser » la blackness.  

Dès les années 1950, ce mécanisme d’appropriation de certains traits noirs  considérés comme caractéristiques par les industries culturelles blanches  participa à l’éviction de la plupart de ceux qui étaient les porteurs de ces  signes… 

et il en va de meme pour la véritable histoire du cowboy :Si, dans  l’imaginaire collectif, le cow-boy est l’Américain « pure souche », WASP  parfait, homme libre et droit, la vérité est différente à plusieurs égards. 

En effet, la faible attractivité du métier n’incite pas les Blancs à prendre cet  emploi qui se résume à celui d’un simple ouvriers agricoles aux activités  dangereuses. Par conséquent et contrairement aux idées recues colportées  par le mythe, les cow-boys sont des gens de couleur5 victimes des lois Jim  Crow qui codifient leur ségrégation raciale et les empêchent d’être associés  à la figure emblématique du cow-boy symbole de la Conquete de l Ouest :  Noirs, Mexicains, Metis, Indiens 

Enfin, ici, à y regarder de plus près dans “the day I ve killed Elvis”, chaque  motif se transforme en rouage, chaque petite roue crantée devenant la  partie essentielle de l’ensemble. Il s’agit de faire du mouvement lui-même  une œuvre, sans représentation ; d’inventer des vibrations, des rotations,  des tournoiements, des gravitations ou des danses qui atteignent  directement l’esprit.  

The day I killed Elvis joue avec l’idée d’hybridation, de mise en abyme et  d’illusion comme autant de passages possibles vers ailleurs (à côté, là-bas,  plus loin, plus haut…), une enjambée, un cheminement, un processus de  transformation en train de s’opérer… 

La collection d'entreprise d'EVN AG

La collection d’entreprise d’EVN AG a été créée en 1995. Il s’agit d’une collection d’art contemporain international et offre la possibilité de communiquer des positions critiques et actuelles. Les œuvres d’art sont sélectionnées par une équipe d’experts mandatés par l’entreprise (Brigitte Huck, Heike Maier-Rieper, Hans-Ulrich Obrist, Markus Schinwald, Thomas D. Trummer) et sont considérées comme un investissement intellectuel et matériel. La pensée internationale, la conscience de la qualité et l’innovation lient la collection à l’énoncé de mission de l’entreprise. La collection fait partie intégrante de la culture d’entreprise et façonne la perception des employés d’EVN ainsi que de leurs clients. Le projet « Wallpaper » est réalisé depuis 2018. Des papiers peints conçus par des artistes et créés spécialement pour la collection EVN seront temporairement accrochés. En combinaison avec des œuvres de la collection, une interaction entre le lieu de travail, l’architecture et l’art contemporain peut être expérimentée. Au premier semestre 2021, pour la première fois, Wallpaper #4 présentera des œuvres et des papiers peints de Sasha Auerbakh, Bar du Bois, Gottfried Bechtold, Chto Delat, Angus Fairhurst, Dr Galentin Gatev, Marcus Geiger, Suboth Gupta, Little Warsaw, Alois Mosbacher, Elaine Reichek, Rosa Rendl, Gerwald Rockenschaub, Marianna Simnett, Jasper Spicero & Bunny Rogers, Elisabeth B. Tambwe et Maja Vukoje.

wallpaper; digital print with a digitally edited photo as original source
dimensions variable
2020

Commission 2020
Inv. No. WP_19

Expositions
Wallpaper #4, evn sammlung, Maria Enzersdorf, 2021

Publications
Wallpaper #4, Vienna 2021, p. 3, 7–13 (s. p.)